Comparer des devis de travaux : la méthode du bailleur
Comparer des devis de travaux avant de rénover un logement loué : mentions obligatoires, métrés, TVA à 10 ou 5,5 %, assurance décennale et artisan RGE.
L’essentiel
- Rubrique
- Rénover son bien
- Publié le
- Lecture
- 11 min de lecture
- Signé
- Margaux Perrin
Avant de rénover un logement que vous louez, le prix affiché en bas d’un devis ne suffit pas pour choisir un artisan. Il faut pouvoir comparer plusieurs offres ligne par ligne, et donc en réunir au moins trois qui répondent au même projet. Pour gagner du temps, une plateforme de devis travaux gratuits transmet votre description à des artisans dont le numéro SIRET, l’assurance décennale et la responsabilité civile professionnelle ont été contrôlés, et vous recevez leurs propositions sous 48 heures.
Reste ensuite le vrai travail : lire ces devis, repérer ce qui manque, vérifier la TVA et les assurances, puis choisir. Voici la méthode, avec les règles en vigueur au 27 septembre 2026.
Demander des devis vraiment comparables
Trois devis ne se comparent que s’ils répondent à la même demande. Si un artisan chiffre un carrelage de milieu de gamme et un autre un grès cérame haut de gamme, l’écart de prix ne vous apprend rien sur leur sérieux.
Rédigez donc une description unique et envoyez-la à tous : les pièces concernées, leurs surfaces, les travaux attendus, les matériaux souhaités ou le niveau de gamme, l’état actuel du logement et la date à laquelle il doit être relouable. Ajoutez des photos. Plus la demande est précise, plus les réponses se ressemblent dans leur structure.
Pour un bailleur, un point compte plus que pour un occupant : la date de fin. Chaque mois de chantier est un mois sans loyer. Demandez que la durée des travaux et la date de démarrage figurent sur le devis, pour pouvoir les comparer elles aussi.
Ce qu’un devis de travaux doit obligatoirement indiquer
Pour les travaux et les dépannages du bâtiment, le devis préalable est obligatoire. L’arrêté du 24 janvier 2017 vise une longue liste de métiers : maçonnerie, isolation, menuiserie, couverture, plomberie, plâtrerie, peinture, revêtements, électricité, entre autres.
Le devis doit porter sa date, l’identité de l’entreprise et la vôtre, et l’adresse du chantier. Il décrit la nature des travaux et donne un décompte détaillé de chaque prestation, avec son prix unitaire et sa quantité. Il indique le taux horaire de main-d’œuvre, les éventuels frais de déplacement, la somme totale hors taxes et toutes taxes comprises, et sa durée de validité.
Le devis peut être gratuit ou payant. S’il est payant, il doit le dire et en préciser le coût avant que vous ne le demandiez. Un professionnel qui ne remet pas de devis s’expose à une amende administrative pouvant aller jusqu’à 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une société.

Deux autres mentions sont à chercher. L’artisan doit indiquer son assurance professionnelle quand elle est obligatoire pour son métier, avec les coordonnées de l’assureur et la couverture géographique du contrat. Le devis doit aussi préciser comment les déchets du chantier seront enlevés et gérés, et ce que cela coûte. Une ligne absente ici se retrouve souvent en supplément à la fin.
Lire les postes, les quantités et les métrés
Un devis sérieux se lit comme un tableau de calcul : pour chaque poste, une unité, une quantité, un prix unitaire et un montant. Les unités courantes sont le mètre carré pour les sols et les murs, le mètre linéaire pour les plinthes ou les canalisations, l’heure pour la main-d’œuvre et l’unité pour les équipements.
Commencez par les quantités. Si deux artisans ne comptent pas la même surface de plafond pour la même pièce, l’un des deux s’est trompé, ou ne mesure pas la même chose. Vérifiez avec vos propres mesures ou avec les plans du logement.

Regardez ensuite la façon dont chaque poste est formulé. « Fourniture et pose » n’a pas le même sens que « pose seule » si vous devez acheter le matériau vous-même. Un forfait global de type « rénovation salle de bains », sans détail, ne se compare à rien. Demandez qu’il soit décomposé.
Enfin, repérez les postes que certains devis oublient : protection des sols et des parties communes, dépose de l’existant, évacuation des gravats, raccords de peinture après passage de l’électricien, nettoyage de fin de chantier. Un devis moins cher parce qu’il omet ces lignes ne l’est souvent qu’en apparence.
La TVA : le même chantier, trois taux possibles
Dans un logement d’habitation achevé depuis plus de deux ans, les travaux peuvent bénéficier d’un taux de TVA réduit. Un logement mis en location entre dans ce cadre, dès lors qu’il reste affecté à l’habitation. Le taux dépend de la nature des travaux, ce qui explique qu’un même devis puisse en afficher plusieurs.
Le taux de 5,5 % vise les travaux qui améliorent l’isolation, le chauffage, la ventilation ou la production d’eau chaude. Le taux de 10 % couvre les autres travaux d’amélioration et d’entretien. Depuis le 1er mars 2025, les chaudières à énergie fossile relèvent du taux de 20 % en métropole.
Pour que le taux réduit s’applique, c’est à vous, client, de certifier que le logement remplit les conditions, par une mention portée sur le devis ou sur la facture. Relisez-la avant de signer. Et comparez les devis toutes taxes comprises, en vérifiant que chaque artisan a appliqué le même taux aux mêmes postes : un écart de TVA peut à lui seul inverser un classement.
Assurances : ce que le devis doit montrer
Tout constructeur professionnel qui réalise des travaux relevant de la garantie décennale doit être assuré avant l’ouverture du chantier. Cette garantie couvre pendant dix ans les dommages graves, ceux qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à son usage.
Demandez l’attestation d’assurance de responsabilité civile décennale avant de signer, pas le jour du démarrage. Vérifiez qu’elle est en cours de validité, qu’elle couvre bien les travaux prévus et la zone où se trouve votre logement. Comparez-la avec la mention portée sur le devis : même assureur, même activité.
Le saviez-vous ?
Le délai de la garantie décennale ne part pas de la fin des travaux, mais du lendemain de la signature du procès-verbal de réception. Sans réception formalisée, le point de départ des garanties devient discutable : signez-le, avec vos réserves éventuelles.
La responsabilité civile professionnelle peut couvrir, elle, des dommages causés pendant le chantier, par exemple un dégât des eaux chez le voisin du dessous. Si l’artisan déclare en avoir une, demandez-en aussi l’attestation. Dans un immeuble loué, c’est souvent ce type de sinistre qui coûte le plus en temps.
Une fois les travaux réceptionnés, trois garanties se succèdent. Il est utile de les avoir en tête au moment de comparer, car elles supposent un artisan joignable pendant des années.
Autrement dit, le devis le moins cher ne dit rien de la capacité de l’artisan à revenir reprendre un défaut dans deux ou dix ans. Son ancienneté, son assurance et la clarté de son devis pèsent autant que le total.
Votre logement sera-t-il encore louable ?
Selon sa classe DPE, un logement peut ne plus répondre aux critères de décence au prochain bail. Vérifiez sa situation, puis soyez mis en relation avec un diagnostiqueur ou un artisan RGE.
Repérer un écart de prix qui mérite une question
Une fois les devis remis au même format, alignez-les poste par poste plutôt que total contre total. L’écart se concentre presque toujours sur quelques lignes : un matériau d’une autre gamme, une quantité différente, une main-d’œuvre comptée au forfait d’un côté et à l’heure de l’autre.
Un devis nettement plus bas que les deux autres appelle une vérification : a-t-il oublié un poste, choisi un matériau moins cher, sous-estimé les quantités ? Un devis nettement plus haut peut inclure des prestations que les autres ont laissées de côté, comme la reprise d’un support abîmé.
Dans les deux cas, posez la question par écrit et demandez un devis corrigé plutôt qu’une explication orale. Un artisan qui détaille volontiers sa proposition vous en dit long sur la suite du chantier. Pour situer ces montants dans votre enveloppe globale, notre méthode pour planifier un budget de rénovation réaliste vous aidera à garder une marge pour les imprévus.
Vérifier l’artisan avant de signer
Le numéro SIRET figure sur le devis. Il permet de vérifier, dans l’annuaire officiel des entreprises tenu par l’État, que la société existe, qu’elle est active et que son activité déclarée correspond aux travaux proposés.
Si vos travaux portent sur la performance énergétique et que vous comptez sur une aide, un contrôle de plus s’impose. Pour bénéficier de MaPrimeRénov’, les travaux doivent être confiés à un professionnel reconnu garant de l’environnement (RGE). La mention RGE est accordée pour quatre ans et contrôlée chaque année : vérifiez-la dans l’annuaire de France Rénov’, pour le type de travaux prévu. Les conditions propres aux bailleurs sont détaillées dans notre article sur MaPrimeRénov’ pour les propriétaires bailleurs.
Pour le reste des vérifications, de l’ordre des travaux aux autorisations à obtenir, notre guide pour vérifier un artisan avant de signer un devis complète cette méthode.
Au moment de signer
Un devis signé engage les deux parties : les travaux décrits, au prix indiqué. Toute modification en cours de chantier devrait donc faire l’objet d’un avenant écrit et chiffré, signé avant d’être réalisée.
Si le contrat a été conclu chez vous, hors des locaux de l’artisan, par exemple après un démarchage, vous disposez en principe de 14 jours pour vous rétracter, sans avoir à vous justifier. Si l’artisan ne vous a pas informé de ce droit, le délai est prolongé de 12 mois. Les dépannages urgents demandés par vous-même en sont exclus, dans la limite de la stricte réparation.
Ce que cet article ne tranche pas
Nous ne donnons pas de prix de référence par type de travaux. Les tarifs varient selon la région, l’état du logement et les matériaux, et nous n’avons trouvé aucune grille publique datée à citer. Les trois devis que vous aurez réunis restent votre meilleure référence.
Nous ne traitons pas non plus la fiscalité des travaux pour un bailleur, qui dépend de votre régime d’imposition des loyers. Faites-la vérifier avant de choisir entre deux devis dont les postes seraient traités différemment.
Questions fréquentes
Combien de devis faut-il demander avant des travaux ?
Aucun texte n’impose un nombre, mais trois devis établis sur la même description permettent de repérer un prix ou une quantité anormale. Au-delà, la comparaison devient longue sans apporter beaucoup plus.
Un devis de travaux est-il payant ?
Il peut être gratuit ou payant. S’il est payant, l’artisan doit vous l’indiquer et en préciser le coût avant de l’établir. Pour les travaux du bâtiment, le devis préalable est obligatoire.
Quel taux de TVA pour des travaux dans un logement loué ?
Si le logement est à usage d’habitation et achevé depuis plus de deux ans, 10 % pour les travaux d’amélioration et d’entretien, 5,5 % pour la rénovation énergétique, 20 % pour le reste. Le client certifie les conditions par une mention sur le devis ou la facture.
Comment vérifier qu’un artisan est bien assuré ?
Demandez son attestation d’assurance décennale avant de signer et vérifiez qu’elle couvre les travaux prévus, la zone du chantier et la période des travaux. Le devis doit déjà indiquer l’assureur et la couverture géographique du contrat.
En résumé
Comparer des devis de travaux, c’est d’abord obtenir trois réponses à la même demande, puis les lire poste par poste : quantités, prix unitaires, lignes oubliées, taux de TVA. C’est ensuite vérifier ce qui ne se voit pas dans le prix : l’assurance décennale, l’inscription de l’entreprise, la mention RGE si vous visez une aide.
Pour un bailleur, ce travail se rembourse vite. Un devis bien compris évite les suppléments en cours de chantier, les retards qui repoussent la remise en location et les litiges une fois le locataire installé.

Rédactrice · rénovation, DPE et mise en location, financement, assurance et gestion
Margaux Perrin suit la location, le DPE, la rénovation et la gestion des logements loués pour Alpha Villa, et vérifie chaque règle sur les textes officiels avant publication.



