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Logement meublé : quels luminaires choisir pour tenir entre deux baux

Luminaires d'un meublé : ce qu'impose le décret de 2015, qui paie l'ampoule, normes salle de bain et choix solides pour tenir plusieurs baux.

L’essentiel

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Signé
Margaux Perrin
Logement meublé : quels luminaires choisir pour tenir entre deux baux
Logement meublé : quels luminaires choisir pour tenir entre deux baux

Avant d’acheter les luminaires d’un logement meublé, demandez-vous qui changera l’ampoule dans trois ans, et avec quoi. Une suspension en verre soufflé fait une belle photo d’annonce. Le jour où elle casse, il faut la retrouver, la payer et la poser avant l’arrivée du prochain locataire. Pour un bailleur, le bon éclairage n’est ni le plus beau ni le moins cher. C’est celui qui passe trois baux sans réclamation. Des luminaires design pas chers peuvent tout à fait tenir ce rôle, à condition de les choisir pour leur solidité et pour leur ampoule, pas seulement pour leur ligne.

Ce que la liste du mobilier impose en matière d’éclairage

Le décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 fixe la liste minimale du mobilier d’un logement loué meublé à titre de résidence principale. Il s’applique aux baux signés depuis le 1er septembre 2015. Son article 2 énumère onze éléments, et les luminaires en font partie, au même titre que la literie, les plaques de cuisson ou la vaisselle.

Le texte dit « luminaires », sans en préciser le nombre ni le type. Ne vous arrêtez pas à cette souplesse. Une pièce de vie sans aucune source de lumière, c’est un argument tout trouvé pour un locataire qui conteste le caractère meublé du logement. Le risque est connu : la requalification en location vide, avec ses règles de durée et de préavis.

Ma lecture est simple. Une source de lumière fixe ou posée dans chaque pièce principale, inscrite à l’inventaire, en état de marche le jour de l’entrée. Le reste relève du confort, pas de l’obligation.

Le saviez-vous ?

Dans la liste du décret du 31 juillet 2015, les luminaires arrivent en dixième position sur onze éléments. Le texte n’impose pas de lave-linge, mais il impose de quoi s’éclairer. Source : décret n° 2015-981, article 2, tel que repris par le rapport du 119e Congrès des notaires (2023).

Plafonnier, applique ou lampe à poser : ce qui casse le plus en location

Les luminaires fixes souffrent peu. Un plafonnier vissé au plafond ne se renverse pas, ne se déplace pas et ne finit pas dans un carton au moment du départ. L’applique murale, elle aussi, reste à sa place.

Les lampes à poser et les lampadaires, c’est une autre histoire. On les déplace, on tire sur le câble, on les cogne avec l’aspirateur. Une lampe de chevet sur une table de nuit de 40 centimètres de profondeur, à côté d’un verre d’eau et d’un téléphone, finit souvent au sol. L’abat-jour en papier se tache, le pied en céramique se fend.

Mon conseil : mettez le budget dans le fixe et la prudence dans le mobile. Pour les lampes à poser, choisissez un pied lourd, en métal ou en bois massif. Évitez les abat-jour en tissu clair dans une location courte. Un modèle qu’on peut racheter à l’identique vaut mieux qu’une pièce unique.

Et ne confondez pas usure et dégradation. Un câble qui s’abîme après six ans d’usage normal, c’est de la vétusté, pour vous. Une lampe renversée et brisée, c’est au locataire. Tout se jouera sur ce que dit l’état des lieux.

Applique murale fixée au-dessus d'un lit dans une chambre meublée

Choisir des luminaires design solides plutôt que fragiles

Le design n’est pas l’ennemi du bailleur. Une annonce de meublé se joue sur ses photos, et une suspension réussie au-dessus de la table attire plus de demandes qu’un globe en plastique blanc. Le vrai sujet, c’est la matière.

Le métal laqué, le bois et le rotin encaissent les chocs et se nettoient d’un chiffon. Le verre fin, le papier et les pampilles ne pardonnent rien. Un lustre à pampilles dans un studio loué à des étudiants, je ne le poserais pas : chaque pièce perdue se remarque, et personne ne sait la remplacer.

Trois questions à poser avant chaque achat. Le modèle est-il encore au catalogue, pour en racheter un identique ? L’ampoule se change-t-elle sans outil ? La fixation est-elle standard, ou faut-il un support spécifique que vous ne retrouverez jamais ?

Le style industriel ou scandinave vieillit bien en location. Il supporte les petites rayures, il va avec à peu près tous les meubles. Un luminaire très marqué par une mode, au contraire, date votre annonce en deux saisons. Un luminaire banal mais solide ne vous coûtera jamais un mois de loyer.

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LED, culot et ampoule de rechange : penser au prochain locataire

Le décret n° 87-712 du 26 août 1987 sur les réparations locatives est clair. Le remplacement des ampoules, des tubes lumineux, des interrupteurs et des fusibles relève du locataire. Vous n’avez donc pas à courir changer une ampoule grillée en cours de bail.

Encore faut-il que le locataire puisse le faire. C’est là que beaucoup de bailleurs se piègent. Un plafonnier à LED intégrées, sans ampoule amovible, ne se répare pas avec une ampoule à quelques euros. Le jour où il s’éteint, c’est tout le luminaire qu’on change, et la discussion sur « qui paie » commence.

Ma règle, pour une location : des culots courants partout. Le gros culot à vis E27 pour les suspensions et lampadaires, le petit E14 pour les lampes de chevet, le GU10 pour les spots. Notez le culot de chaque luminaire sur l’inventaire. Laissez une ampoule de rechange de chaque type dans un tiroir de la cuisine, c’est le geste le moins cher de toute la mise en location.

Les LED intégrées ont leur place, mais seulement là où le remplacement complet reste simple et bon marché, une réglette de cuisine par exemple.

Quel luminaire pour quelle pièce d’un meublé

Salon

Plafonnier ou lustre sobre au centre, un lampadaire à pied lourd pour l’ambiance. Pas de pampilles.

Chambre

Plafonnier pour la pièce, appliques murales ou lampes de chevet à pied stable de chaque côté du lit.

Cuisine

Suspension au-dessus de la table, spots ou réglette au-dessus du plan de travail.

Salle de bain

Plafonnier ou applique adaptés aux pièces humides, placés en dehors des volumes proches de l’eau ou conformes à leur indice.

Pièce par pièce : salon, chambre, cuisine et salle de bain

Le salon porte les photos de l’annonce. Un plafonnier pour la lumière générale, un lampadaire pour le soir. Si vous voulez une pièce de caractère, c’est ici, et en hauteur, hors de portée des chocs.

La chambre est la pièce où l’on casse le plus de lampes. Je préfère des appliques murales de part et d’autre du lit. Elles libèrent la table de nuit, ne tombent pas et ne partent pas avec le locataire. À défaut, deux lampes de chevet identiques, au pied lesté.

La cuisine demande de la lumière sur le plan de travail, pas seulement au plafond. Une suspension au-dessus de la table, et des spots ou une réglette sous les meubles hauts. Évitez les abat-jour en tissu, ils captent la graisse et ne se lavent pas.

Suspension design au-dessus d'une table de cuisine dans un appartement meublé

La salle de bain est la seule pièce où l’erreur engage votre responsabilité. La norme NF C 15-100 découpe la pièce en volumes autour de la baignoire et de la douche. Au-dessus du bain, dans le volume 1, seul un éclairage en très basse tension de sécurité de 12 V est admis, avec un transformateur placé hors volume. Dans le volume 2, qui s’étend sur 60 centimètres autour, il faut un luminaire de classe II, protégé au moins IPX4. Hors volume, un luminaire courant convient, à condition d’être protégé par un différentiel de 30 mA.

Concrètement, pour une applique au-dessus du lavabo, vérifiez sa distance à la douche avant de l’acheter. Ces règles relèvent de la norme, pas du goût, et en cas de doute, un électricien tranche en une visite.

Ce qu’il faut noter à l’état des lieux

L’inventaire d’un meublé se rédige pièce par pièce, et les luminaires y ont leur ligne. « Lampe de chevet » ne suffit pas. Écrivez la matière, la couleur, l’état, et si l’abat-jour est d’origine.

Testez chaque interrupteur devant le locataire, ampoule allumée. Une ampoule qui ne s’allume pas le jour de l’entrée, c’est à vous de la changer. Qui s’éteint en cours de bail, c’est à lui. Sans test, impossible de savoir.

Photographiez les luminaires fragiles de près, abat-jour compris. L’erreur classique, c’est la photo de la pièce entière où la lampe fait trois pixels. Le jour de la sortie, elle ne prouve rien.

Enfin, notez sur l’inventaire le culot de chaque luminaire et l’emplacement des ampoules de rechange. Le prochain locataire saura quoi acheter, et vous éviterez un appel un dimanche soir. Avant votre prochaine mise en location, faites ce tour avec un tournevis et une ampoule de chaque type : une heure de travail, et un logement qui s’allume partout le jour de la remise des clés.

Questions fréquentes

Les luminaires sont-ils obligatoires dans une location meublée ?

Oui. Le décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 range les luminaires parmi les onze éléments minimaux du mobilier d’un logement loué meublé à titre de résidence principale, pour les baux signés depuis le 1er septembre 2015.

Qui paie une ampoule grillée en cours de bail ?

Le locataire. Le décret n° 87-712 du 26 août 1987 classe le remplacement des ampoules, tubes lumineux, interrupteurs et fusibles parmi les réparations locatives. Le luminaire usé par le temps reste à la charge du bailleur.

Quel luminaire peut-on poser près d’une douche ?

Selon la norme NF C 15-100, dans les 60 centimètres autour de la douche ou de la baignoire (volume 2), un luminaire de classe II protégé au moins IPX4. Au-dessus du bain, uniquement de la très basse tension de sécurité en 12 V.

Faut-il éviter les LED intégrées dans un meublé ?

Dans les pièces principales, oui de préférence : quand la LED lâche, c’est tout le luminaire qui se change. Des culots standard laissent le locataire remplacer lui-même l’ampoule, comme le prévoit la répartition des réparations locatives.

Sources

Décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 fixant la liste des éléments de mobilier d’un logement meublé, article 2, repris par le rapport du 119e Congrès des notaires (2023) et par le cabinet Seban & Associés (21/08/2015).

Décret n° 87-712 du 26 août 1987 relatif aux réparations locatives, annexe, section V « Équipements d’installations d’électricité ».

Norme NF C 15-100, volumes de la salle de bain, telle que présentée par Engie Particuliers et IZI by EDF (consultés le 10/10/2026).

Margaux Perrin

Margaux Perrin

Rédactrice · rénovation, DPE et mise en location, financement, assurance et gestion

Margaux Perrin suit la location, le DPE, la rénovation et la gestion des logements loués pour Alpha Villa, et vérifie chaque règle sur les textes officiels avant publication.

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