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Louer en meublé ou en saisonnier

Louer sa maison : formules, règles et démarches du bailleur

Louer sa maison ou sa villa : vide, meublé, saisonnier ou bail mobilité, décence et DPE, diagnostics, fiscalité, assurance, gestion. Guide au 18/09/2026.

L’essentiel

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Margaux Perrin
Louer sa maison : formules, règles et démarches du bailleur
Louer sa maison : formules, règles et démarches du bailleur

Louer sa maison, c’est d’abord choisir une formule (vide, meublée, bail mobilité ou meublé de tourisme), puis vérifier que le logement est décent, DPE compris, et réunir les diagnostics à annexer au bail. Viennent ensuite la fiscalité, qui dépend de la formule choisie, l’assurance, et la question de gérer vous-même ou de confier la gestion à un professionnel titulaire de la carte G. Ce guide fait le tour de ces étapes et vous renvoie, pour chacune, vers la page qui la détaille.

Les règles de location, de fiscalité et d’aides évoluent plusieurs fois par an. Cette page présente le cadre général en vigueur à sa date de mise à jour (18 septembre 2026) ; elle ne remplace pas l’avis d’une ADIL (conseil juridique sans frais), d’un notaire, d’un expert-comptable ou de l’administration fiscale pour votre situation.

Choisir sa formule : vide, meublé, bail mobilité ou saisonnier

La formule de location commande presque tout le reste : la durée du bail, le dépôt de garantie, le régime fiscal, et même les démarches en mairie. Il n’existe pas de « bonne » formule dans l’absolu. Elle dépend de ce que vous attendez de votre maison : un locataire stable sur plusieurs années, une occupation plus souple, ou des séjours courts.

La location vide s’adresse à qui cherche la durée. La location meublée impose d’équiper le logement selon une liste minimale fixée par décret, en échange d’un bail plus court. Le bail mobilité est une variante du meublé, pensée pour des séjours de quelques mois. Le meublé de tourisme, enfin, relève d’une logique différente : une clientèle de passage, et des règles fixées en partie par la commune.

Les quatre formules comparées1Location videBail de 3 ans si le bailleur est une personne physique ou une SCI familiale, 6 ans pour une personne morale ; dépôt de garantie d’un mois de loyer hors charges ; revenus fonciersLoi n° 89-462, ANIL ou ADIL2Location meubléeBail d’un an, ou 9 mois non reconduits pour un étudiant ; dépôt de garantie de deux mois au plus ; liste minimale d’équipements ; revenus en BICDécret 2015-981, impots.gouv.fr3Bail mobilitéLogement meublé, bail de 1 à 10 mois, non renouvelable, sans dépôt de garantieLoi ELAN, ANIL4Meublé de tourismeCourte durée ; numéro d’enregistrement obligatoire ; résidence principale louée 120 jours par an au plus, 90 si la commune l’a décidé ; changement d’usage soumis à la communeMairie, entreprises.gouv.fr4Source : Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (Légifrance), ANIL, décret 2015-981, Code du tourisme, consulté le

Les délais de congé diffèrent aussi. En location vide, le bailleur qui veut récupérer son logement donne congé six mois avant l’échéance ; en meublé, trois mois. Dans les deux cas, le congé n’est possible que pour vendre, pour reprendre le logement ou pour un motif légitime et sérieux. Le locataire, lui, dispose d’un préavis plus court, réduit à un mois en zone tendue et dans les cas prévus par la loi.

Si vous hésitez entre les formules courtes, notre page sur le bail mobilité et ses conditions détaille cette option, et celle consacrée à la réglementation de la location saisonnière présente les règles des séjours courts.

Vérifier la décence et le DPE

Quelle que soit la formule, un logement loué comme résidence principale doit être décent. Le décret 2002-120 en fixe les critères : une pièce principale d’au moins 9 m² avec 2,20 m sous plafond, ou un volume habitable de 20 m³ ; un logement clos et couvert ; des installations d’électricité et de gaz sans danger ; un chauffage ; une aération et un éclairement naturel ; l’eau chaude et froide, un évier et des WC à l’intérieur.

Le critère énergétique

Depuis la loi Climat et résilience, la performance énergétique fait partie de la décence. Un logement classé G ne répond plus aux critères de décence depuis le 1er janvier 2025 ; il en ira de même pour la classe F en 2028 et la classe E en 2034. La règle s’applique aux baux signés, renouvelés ou reconduits à partir de ces dates : un bail en cours n’est pas rompu, mais le locataire peut exiger une mise en conformité.

Calendrier de la décence énergétique en métropoleClasse G excluePour tout bail signé, renouvelé ou reconduit tacitement à partir de cette date, le logement doit être classé de A à F.Classe F exclueLe logement doit être classé de A à E pour un nouveau bail, un renouvellement ou une reconduction.Classe E exclueLe logement doit être classé de A à D.Source : service-public.gouv.fr, fiche F2042, consulté le

Ce n’est pas une sanction pénale : un logement qui ne remplit pas le critère est indécent. Le locataire peut alors exiger des travaux ou une baisse de loyer, saisir la commission départementale de conciliation ou le juge des contentieux de la protection. Le calendrier est décalé outre-mer ; il est à vérifier sur service-public.gouv.fr avant de s’y fier.

Deux autres conséquences touchent les logements classés F ou G. Leur loyer est gelé : ni révision annuelle, ni majoration, ni réévaluation au renouvellement pour les baux conclus, renouvelés ou reconduits depuis le 24 août 2022 en métropole. Et l’annonce de location doit afficher les classes énergie et climat, l’estimation des dépenses annuelles d’énergie et, pour F et G, la mention « logement à consommation énergétique excessive ».

Un DPE valide, et à jour

Un DPE est valable dix ans s’il a été réalisé depuis le 1er juillet 2021, date à laquelle il est devenu opposable. Les DPE plus anciens ont tous expiré : un diagnostic de 2019, par exemple, n’est plus valable depuis le 31 décembre 2024.

Autre changement à connaître : au 18 septembre 2026, selon service-public.gouv.fr (fiche F16096), le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9 le 1er janvier 2026. Une maison chauffée à l’électricité peut ainsi avoir gagné une classe, et un DPE antérieur peut être actualisé par une attestation, sans nouveau diagnostic complet.

Vous pouvez vérifier qu’un DPE existe grâce à son numéro à 13 caractères, sur l’observatoire de l’ADEME. Les travaux recommandés dans le DPE n’ont qu’une valeur indicative. Enfin, ne confondez pas DPE et audit énergétique : l’audit est lié à la vente d’une maison ou d’un immeuble en monopropriété, il n’est jamais exigé pour louer. Le détail des échéances figure dans notre page sur le calendrier DPE pour la location.

Les diagnostics à annexer au bail

La loi du 6 juillet 1989 impose d’annexer au bail un dossier de diagnostic technique. Sa composition dépend de l’âge de la maison, de ses installations et de sa situation.

Le dossier de diagnostic technique d'une location1DPEToujours exigé ; il fixe la classe énergie qui conditionne la décenceObservatoire DPE de l’ADEME2Constat de risque d’exposition au plomb (CREP)Si le permis de construire date d’avant le 1er janvier 1949Date du permis de construire3État des risques (ERP)Informe le locataire des risques auxquels le logement est exposéDossier de diagnostic technique4Diagnostics électricité et gazSi l’installation a plus de 15 ans ; valables 6 ans pour une locationDate de l’installation5Information sur le bruitPour un logement situé dans une zone de plan d’exposition au bruit d’un aérodromePlan d’exposition au bruit6AmianteSi le permis date d’avant le 1er juillet 1997, le dossier amiante des parties privatives est tenu à disposition, il n’est pas annexéDate du permis de construire7Surface habitableMentionnée dans le bail d’une location videMesure du logement7Source : Loi n° 89-462, article 3-3 (Légifrance), consulté le

La liste complète, avec les cas particuliers, est reprise dans notre page sur les diagnostics obligatoires pour une location. Le prix d’un diagnostic est libre : il se compare sur devis.

Les règles locales à consulter en mairie

Certaines obligations ne sont pas nationales. Elles dépendent de la commune ou de l’intercommunalité, et c’est là qu’il faut se renseigner avant de publier une annonce.

Le permis de louer n’existe que dans les communes et intercommunalités qui l’ont institué, sur des zones qu’elles ont délimitées. Il prend deux formes : une déclaration après la signature du bail, ou une autorisation préalable. Louer sans avoir fait la démarche expose à des sanctions financières. Notre page sur le permis de louer explique comment savoir si votre maison est concernée.

L’encadrement des loyers ne s’applique que dans les villes et territoires qui l’ont mis en place. L’expérimentation prend fin le 24 novembre 2026, sauf prolongation par la loi : au 18 septembre 2026, une proposition de loi en ce sens doit encore passer au Sénat, et rien n’est promulgué.

Pour un meublé de tourisme, avant toute mise en location de courte durée, renseignez-vous en mairie : enregistrement, éventuelle autorisation de changement d’usage, plafond de nuitées et règlement de copropriété peuvent s’appliquer. Le numéro d’enregistrement est désormais exigé partout, y compris pour une résidence principale.

La fiscalité en grandes lignes

Les loyers d’une location vide sont des revenus fonciers ; ceux d’une location meublée, y compris saisonnière, relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Chaque catégorie a un régime simplifié, avec un abattement forfaitaire, et un régime réel. Les seuils ci-dessous sont ceux relevés au 18 septembre 2026 ; ceux du micro-BIC sont à vérifier sur impots.gouv.fr avant toute décision.

Régimes fiscaux selon la formule de location1Location vide, micro-foncierRevenus fonciers bruts jusqu’à 15 000 € ; abattement de 30 %impots.gouv.fr2Location vide, régime réelAu-delà de ce seuil ou sur option, pour 3 ans ; le déficit foncier s’impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an, hors intérêts d’empruntimpots.gouv.fr, BOFiP3Meublé longue durée, micro-BICAbattement de 50 %, seuil de 83 600 € pour les recettes 2026service-public F32744, impots.gouv.fr4Meublé de tourisme classé, micro-BICAbattement de 50 %, même seuil que la longue duréeservice-public F327445Meublé de tourisme non classé, micro-BICAbattement de 30 % dans la limite de 15 000 € de recettesservice-public F327446LMNP ou LMPLoueur en meublé non professionnel par défaut ; professionnel si les recettes dépassent 23 000 € par an et les autres revenus d’activité du foyerCGI, impots.gouv.fr6Source : impots.gouv.fr, BOFiP, service-public.gouv.fr fiche F32744 (seuils micro-BIC au 18/09/2026), consulté le

Pour le déficit foncier, une condition s’ajoute : continuer à louer jusqu’au 31 décembre de la troisième année qui suit l’imputation. En meublé, le statut de loueur non professionnel est détaillé dans notre page sur la location meublée non professionnelle (LMNP).

Un point propre aux maisons : le dispositif Pinel a pris fin le 31 décembre 2024, et le dispositif qui le remplace pour le collectif, Relance logement, exclut les maisons individuelles. L’avantage fiscal dépend toujours de votre imposition et des engagements tenus ; le choix d’un régime se fait avec un expert-comptable ou l’administration fiscale, pas sur une grille générale.

Vous louez en meublé ou en saisonnier ?

Votre logement doit aussi respecter les critères de décence énergétique. Vérifiez sa situation selon sa classe DPE.

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Assurance et loyers impayés

L’assurance propriétaire non occupant (PNO) est obligatoire pour un logement en copropriété, recommandée pour une maison. Pour une maison individuelle, la loi ne l’impose donc pas. Notre page sur l’assurance PNO présente ses garanties et ses limites.

Le locataire, de son côté, doit assurer les risques locatifs. S’il ne le fait pas, le bailleur peut souscrire une assurance pour son compte et en récupérer la prime, majorée de 10 % au plus. Cette possibilité n’existe pas en meublé saisonnier.

Contre les loyers impayés, deux outils coexistent : la garantie loyers impayés (GLI), un contrat d’assurance privé, et Visale, une caution délivrée par Action Logement. Attention au cumul : un bailleur qui a souscrit une GLI ne peut pas exiger en plus la caution d’une personne physique, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti. Visale reste compatible avec une GLI. Les garanties, exclusions et prix varient selon l’assureur et le contrat : comparez les conditions générales avant de souscrire. Alpha Villa est un média d’information ; il n’est ni assureur, ni courtier, ni intermédiaire en crédit.

Gérer soi-même ou déléguer

Gérer soi-même, c’est rédiger le bail, réaliser l’état des lieux, encaisser les loyers et, le cas échéant, réviser le loyer. L’état des lieux d’entrée et de sortie se fait de façon contradictoire, sans frais s’il est établi par les parties ; le locataire peut le compléter dans les dix jours. La révision annuelle du loyer n’est possible que si le bail contient une clause prévue à cet effet ; elle est plafonnée par la variation de l’indice de référence des loyers publié par l’INSEE, et le bailleur dispose d’un an pour la demander, sans effet rétroactif.

Le dépôt de garantie se restitue dans un délai d’un mois si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, de deux mois sinon. Un retard entraîne une majoration de 10 % du loyer mensuel par mois commencé. Les charges que vous pouvez récupérer auprès du locataire figurent sur une liste limitative fixée par décret.

Déléguer, c’est confier tout ou partie de ces tâches à un professionnel. Toute personne qui gère un bien pour autrui contre rémunération doit détenir la carte professionnelle G, délivrée par la CCI, et une garantie financière. C’est aussi le cas d’une conciergerie qui encaisse des loyers pour le compte du propriétaire. Le locataire ne paie jamais les frais de gestion courante, et ses propres honoraires de location sont plafonnés par décret. Aucun tarif de gestion n’est relevé à ce jour : il se compare sur devis. Notre page sur la gestion locative détaille ce qu’un mandat recouvre.

En cas de désaccord avec un locataire (dépôt de garantie, révision, charges, état du logement), la commission départementale de conciliation intervient sans frais ; l’ADIL de votre département informe sans frais bailleurs et locataires.

Ce qu’il faut vérifier avant de décider

  • Retrouver le numéro de votre DPE et vérifier sa validité et sa classe sur l’observatoire de l’ADEME ; pour une maison chauffée à l’électricité, demander si une actualisation par attestation est possible.
  • Contrôler les critères de décence du décret 2002-120 (surface, hauteur sous plafond, installations, chauffage) avant de fixer la date de signature du bail.
  • Demander en mairie si un permis de louer, un encadrement des loyers, une autorisation de changement d’usage ou un plafond de nuitées s’applique à votre adresse.
  • Réunir le dossier de diagnostic technique en fonction de la date du permis de construire et de l’âge des installations.
  • Confirmer sur impots.gouv.fr les seuils et abattements de l’année avant de choisir un régime fiscal, et en parler à un expert-comptable.
  • Choisir entre GLI et caution en connaissant la règle de non-cumul ; consulter visale.fr pour les conditions de Visale.
  • Si vous déléguez, vérifier que le gestionnaire ou la conciergerie détient la carte G délivrée par la CCI.
  • Pour toute question de droit du bail, contacter l’ADIL de votre département.

Questions fréquentes

Puis-je louer une maison classée G ?

Depuis le 1er janvier 2025, une maison classée G ne répond plus aux critères de décence pour un nouveau bail, un renouvellement ou une reconduction. Un bail en cours se poursuit, mais le locataire peut exiger des travaux ou une baisse de loyer devant le juge. Le loyer d’un logement F ou G ne peut plus être révisé.

Faut-il un audit énergétique pour louer sa maison ?

Non. L’audit énergétique réglementaire concerne la vente d’une maison ou d’un immeuble en monopropriété. Pour louer, c’est le DPE qui est exigé.

L’assurance PNO est-elle obligatoire pour une maison ?

Non : elle est obligatoire pour un logement en copropriété et recommandée pour une maison individuelle.

Quel dépôt de garantie demander ?

Un mois de loyer hors charges en location vide, deux mois au plus en meublé, aucun en bail mobilité.

Puis-je louer ma résidence principale en saisonnier ?

Oui, dans la limite de 120 jours par an, ou de 90 jours si la commune l’a décidé, avec un numéro d’enregistrement. Le règlement de copropriété peut toutefois l’exclure : renseignez-vous en mairie avant de publier une annonce.

Le dispositif Relance logement s’applique-t-il à une maison ?

Non. Il est réservé aux immeubles collectifs et exclut les maisons individuelles.

Sources

  • Légifrance (legifrance.gouv.fr) : loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, décret 2002-120 relatif à la décence, décret 2015-981, loi Climat et résilience n° 2021-1104, Code de la construction et de l’habitation, Code du tourisme, Code général des impôts.
  • service-public.gouv.fr : fiches F2042 (décence), F16096 (DPE), F1311 (révision du loyer), F1314 (encadrement des loyers), F32744 (micro-BIC), F39735 (Relance logement), consultées au 18 septembre 2026.
  • ANIL et ADIL départementales (anil.org).
  • ADEME, observatoire DPE (observatoire-dpe-audit.ademe.fr).
  • impots.gouv.fr et BOFiP (bofip.impots.gouv.fr).
  • INSEE (insee.fr), indice de référence des loyers.
  • Action Logement, Visale (visale.fr).
  • CCI (cci.fr), carte professionnelle G.
  • entreprises.gouv.fr, enregistrement des meublés de tourisme.

Margaux Perrin

Rédactrice · villas, locations, rénovations

Margaux Perrin suit la location, le DPE, la rénovation et la gestion des logements loués pour alphavilla.fr, et vérifie chaque règle sur les textes officiels avant publication.

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