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Déficit foncier : mécanisme, calcul et déclaration

Déficit foncier (location nue, régime réel) : calcul, plafond de 10 700 €, cas des travaux de rénovation énergétique et déclaration au formulaire 2044.

L’essentiel

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Signé
Margaux Perrin
Déficit foncier : mécanisme, calcul et déclaration
Déficit foncier : mécanisme, calcul et déclaration

Un propriétaire bailleur qui loue un logement nu au régime réel peut, certaines années, voir ses charges déductibles dépasser ses revenus fonciers : ce solde négatif s’appelle un déficit foncier. Il s’impute d’abord sur les autres revenus fonciers, puis, dans une limite annuelle de 10 700 €, sur le revenu global du foyer. Une limite temporairement relevée à 21 400 € existe pour certains travaux de rénovation énergétique. Cette page explique le mécanisme, son calcul et ses conditions, d’après les textes consultés le 18 septembre 2026.

Qu’est-ce que le déficit foncier ?

Le déficit foncier apparaît lorsqu’un propriétaire bailleur soumis au régime réel supporte, sur un logement loué nu, des charges déductibles supérieures à ses revenus fonciers de l’année. Ces charges comprennent notamment les travaux, les primes d’assurance, les charges de copropriété et la taxe foncière. Elles ne se confondent pas avec les intérêts d’emprunt, qui suivent une règle distincte : ils s’imputent uniquement sur les revenus fonciers, jamais sur le revenu global.

Ce mécanisme concerne la location nue déclarée au régime réel, choisi ou obtenu de droit lorsque les revenus fonciers bruts dépassent 15 000 € par an ; en dessous de ce seuil, le régime micro-foncier s’applique par défaut, avec un abattement forfaitaire de 30 % qui ne permet pas de constater de déficit.

Sur le plan déclaratif, le résultat foncier se calcule dans le formulaire 2044 (ou son équivalent en ligne), qui distingue la part du déficit imputable sur le revenu global de celle qui reste reportable sur les revenus fonciers des années suivantes.

Comment se calcule un déficit foncier

Le point de départ est le total des loyers et recettes accessoires perçus dans l’année sur les biens loués nus. On en soustrait l’ensemble des charges déductibles admises par l’administration : travaux d’entretien, de réparation ou d’amélioration (à l’exclusion des travaux de construction, reconstruction ou agrandissement), primes d’assurance, charges de copropriété non récupérables, taxe foncière, frais de gestion et intérêts d’emprunt. Si le résultat est négatif, ce solde constitue le déficit foncier de l’année.

La part du déficit qui provient des intérêts d’emprunt reste cantonnée aux revenus fonciers : elle ne peut pas venir réduire le revenu global. Seule la part liée aux autres charges (travaux, assurances, taxe foncière, charges de copropriété) ouvre droit à une imputation sur le revenu global, dans la limite annuelle applicable.

Une condition s’applique à cette imputation : le bien doit rester loué jusqu’au 31 décembre de la troisième année qui suit celle de l’imputation. Une cessation de la location avant ce terme peut remettre en cause l’avantage obtenu.

Les deux plafonds d’imputation

La règle générale fixe le plafond d’imputation du déficit foncier (hors intérêts d’emprunt) sur le revenu global à 10 700 € par an. Le surplus éventuel n’est pas perdu : il se reporte sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Un plafond majoré à 21 400 € s’applique aux dépenses de rénovation énergétique qui permettent à un logement de passer d’une classe énergétique E, F ou G à une classe A, B, C ou D. Selon les textes consultés, ce rehaussement concerne les dépenses pour lesquelles le devis a été accepté à compter du 5 novembre 2022, et qui sont effectivement payées au plus tard le 31 décembre 2027.

Ce plafond majoré ne s’additionne pas au plafond standard : il le remplace pour la part du déficit qui provient de ces travaux précis, sous réserve de conserver les pièces justificatives correspondantes.

Plafonds d'imputation du déficit foncier sur le revenu globalPlafond standard (hors travaux énergétiques)10700Plafond majoré (travaux E, F, G vers A à D)21400Source : service-public.gouv.fr / impots.gouv.fr, consulté le

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Ce que devient le déficit non imputé

Lorsque le déficit dépasse le plafond applicable sur une année donnée, le solde non imputé sur le revenu global se reporte sur les revenus fonciers des dix années suivantes, jusqu’à épuisement. Ce report suit un ordre fixé par l’administration lorsque le bailleur possède plusieurs biens ou cumule des déficits d’exercices différents.

En cas de passage au régime micro-foncier ou d’arrêt de l’activité de location, les règles de report peuvent être affectées : il convient de vérifier la situation avant tout changement de régime, notamment si un déficit reste à reporter.

Calendrier du plafond majoré à 21 400 €Date pivotLe devis de travaux doit avoir été accepté à compter de cette date pour ouvrir droit au plafond majoréDispositif en coursLe plafond majoré continue de s’appliquer aux dépenses de rénovation énergétique éligiblesTerme du dispositifDernière date à laquelle les dépenses éligibles doivent être payées

Le cas des travaux de rénovation énergétique

Pour bénéficier du plafond majoré, la séquence commence par l’acceptation d’un devis : c’est cette date qui conditionne l’éligibilité, pas la date de réalisation des travaux ni celle de la facture. Viennent ensuite la réalisation effective des travaux, leur facturation, puis leur paiement, qui doit intervenir au plus tard le 31 décembre 2027.

La condition technique porte sur le changement de classe énergétique : le logement doit passer d’une classe E, F ou G à une classe A, B, C ou D. Conserver le diagnostic de performance énergétique avant travaux et celui réalisé après travaux permet de justifier ce changement de classe en cas de contrôle.

Pour organiser ce type de chantier, il est utile de rapprocher cette page de celles consacrées à la rénovation énergétique d’un logement loué, à MaPrimeRénov’ pour un propriétaire bailleur et à l’éco-PTZ ouvert au bailleur, qui peuvent financer une partie des travaux en complément de l’avantage fiscal. Le calendrier réglementaire du DPE, détaillé sur la page calendrier DPE en location, éclaire aussi la logique de ce rehaussement.

Toutes les pièces justificatives (devis accepté, factures, preuves de paiement, DPE avant et après travaux) doivent être conservées : en cas de contrôle, c’est sur ces documents que l’administration s’appuie pour vérifier l’éligibilité au plafond majoré.

Erreurs fréquentes à éviter

La confusion la plus courante consiste à mélanger le déficit lié aux intérêts d’emprunt, qui ne s’impute jamais sur le revenu global, avec le déficit lié aux autres charges, seul concerné par les plafonds de 10 700 € et 21 400 €. Une deuxième erreur consiste à retenir la date de facturation ou de réalisation des travaux au lieu de la date d’acceptation du devis, qui seule conditionne l’accès au plafond majoré.

Une autre confusion vient du régime : les règles présentées ici concernent la location nue au régime réel. Elles ne s’appliquent pas telles quelles à la location meublée, régie par des règles de LMNP ou de LMP différentes. Enfin, présenter le déficit foncier comme un moyen de réduire son impôt sans condition serait inexact : l’avantage suppose de continuer à louer le bien jusqu’au terme de la période d’engagement et de pouvoir justifier chaque charge déduite.

Ce qu’il faut vérifier avant de déclarer

Avant d’imputer un déficit foncier, il convient de vérifier sur le formulaire 2044 (et sa notice, disponibles sur impots.gouv.fr) les cases exactes à remplir pour l’année en cours, de confirmer sur le site des impôts que les dépenses envisagées entrent bien dans la liste des charges déductibles, et de conserver systématiquement devis accepté, factures et preuves de paiement. Pour les travaux de rénovation énergétique, la date d’acceptation du devis et les diagnostics de performance énergétique avant et après travaux sont les pièces qui font foi. Les modalités applicables à des travaux réalisés en plusieurs tranches, ainsi que les conséquences exactes en cas de revente du bien avant la fin de la période d’engagement, ne sont pas détaillées sur cette page : elles se vérifient auprès du BOFiP, d’un expert-comptable ou d’une ADIL avant toute décision.

Questions fréquentes

Le déficit foncier concerne-t-il la location meublée ?

Non, ce mécanisme s’applique à la location nue déclarée en revenus fonciers, au régime réel. La location meublée relève d’un régime distinct (LMNP ou LMP), avec ses propres règles.

Les intérêts d’emprunt entrent-ils dans le plafond de 10 700 € ?

Non. Les intérêts d’emprunt s’imputent uniquement sur les revenus fonciers, jamais sur le revenu global. Seules les autres charges (travaux, assurances, taxe foncière, charges de copropriété) sont concernées par les plafonds de 10 700 € et 21 400 €.

Que se passe-t-il si je vends le logement peu après avoir imputé un déficit ?

Le bien doit rester loué jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivant l’imputation. Une revente ou un arrêt de la location avant ce terme peut avoir des conséquences sur l’avantage obtenu : à vérifier auprès du BOFiP ou d’un expert-comptable avant toute cession.

Le plafond de 21 400 € s’ajoute-t-il aux 10 700 € habituels ?

Non, il ne s’additionne pas : le plafond majoré remplace le plafond standard pour la part du déficit provenant des travaux de rénovation énergétique éligibles (passage d’une classe E, F ou G à une classe A, B, C ou D).

Dois-je choisir le régime réel pour bénéficier du déficit foncier ?

Oui. En micro-foncier, l’abattement forfaitaire de 30 % s’applique automatiquement et aucun déficit ne peut être constaté. Le passage au régime réel est possible sur option, engagée pour trois ans.

Les règles de fiscalité immobilière évoluent chaque année : cette page présente le cadre applicable à sa date de rédaction et ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable, d’une ADIL ou de l’administration fiscale pour votre situation.

Margaux Perrin

Rédactrice · villas, locations, rénovations

Margaux Perrin suit la location, le DPE, la rénovation et la gestion des logements loués pour alphavilla.fr, et vérifie chaque règle sur les textes officiels avant publication.

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