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Travaux pour améliorer le DPE d’un logement loué

Travaux DPE en location : quels travaux prioriser, aides mobilisables (MaPrimeRénov', éco-PTZ) et démarches pour un propriétaire bailleur en 2026.

L’essentiel

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Margaux Perrin
Travaux pour améliorer le DPE d'un logement loué
Travaux pour améliorer le DPE d’un logement loué

Si votre logement loué affiche une étiquette énergie faible, des travaux ciblés peuvent améliorer sa classe DPE et lever certaines contraintes qui pèsent sur le bail. Ce guide explique quels postes prioriser, quelles aides un propriétaire bailleur peut mobiliser en 2026 et comment procéder, cas particulier par cas particulier.

Pourquoi le DPE pèse sur la location

Le DPE n’est pas qu’une étiquette informative : il fait partie des critères de décence du logement (décret n° 2002-120). Un logement mal classé n’est pas frappé d’une interdiction pénale, mais il devient indécent aux yeux de la loi : le locataire peut exiger des travaux, demander une baisse de loyer, ou saisir la commission départementale de conciliation puis le juge des contentieux de la protection.

La règle s’applique aux baux signés, renouvelés ou reconduits tacitement à partir des dates butoirs, jamais à un bail déjà en cours : un locataire installé n’est pas mis dehors le jour du basculement. C’est seulement au moment de la signature, du renouvellement ou de la reconduction que la classe énergétique doit être conforme.

Autre conséquence concrète : depuis le 24 août 2022, un logement classé F ou G ne peut plus voir son loyer révisé, majoré ou réévalué au renouvellement, et depuis le 18 août 2022 aucun complément de loyer ne peut y être appliqué dans les zones d’encadrement (selon service-public.gouv.fr, fiche F1311 et fiche F1314). Enfin, toute annonce de location doit afficher les classes énergie et climat, une estimation des dépenses annuelles, et la mention réservée aux logements F et G.

Un point à ne pas confondre : l’audit énergétique réglementaire ne concerne que la vente d’une maison ou d’un immeuble en monopropriété classé E, F ou G — il n’est jamais exigé pour mettre un logement en location.

Quels travaux prioriser selon le DPE

Le diagnostic de performance énergétique reste la première boussole : il indique, poste par poste, où se situent les pertes les plus importantes et guide l’ordre des interventions. Il ne remplace pas une étude technique détaillée, mais il évite de commencer par le mauvais chantier.

L’isolation des parois — murs et combles — arrive en tête lorsque le DPE signale de fortes déperditions par l’enveloppe : c’est souvent le poste qui pèse le plus sur la facture de chauffage. Vient ensuite le système de chauffage lui-même : un équipement énergivore remplacé par un système plus performant, associé à une ventilation adaptée, limite les surconsommations et protège l’efficacité des autres travaux déjà réalisés. Le remplacement des fenêtres et vitrages se justifie quand le diagnostic pointe des déperditions aux menuiseries ; le gain se lit d’abord en confort et en isolation acoustique.

Un paramètre a changé récemment : le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026 (service-public.gouv.fr, fiche F16096). Concrètement, un logement chauffé à l’électricité peut avoir gagné une classe sans qu’aucun mur n’ait bougé, et un DPE réalisé avant cette date peut être actualisé par une simple attestation, sans nouveau diagnostic complet. Cela ne dispense pas de vérifier l’état réel de l’isolation, mais cela peut changer l’ordre des priorités pour un logement tout électrique.

Les recommandations inscrites dans le DPE gardent une valeur indicative : elles orientent, elles n’imposent pas un plan de travaux précis. Pour transformer une piste en décision, il faut la confronter à un devis chiffré et à une entreprise qualifiée RGE — condition posée par la quasi-totalité des aides.

Aides et financements mobilisables

Plusieurs dispositifs s’adressent spécifiquement au propriétaire bailleur, chacun avec ses conditions et sa date de fin. MaPrimeRénov’ bailleur suppose un engagement de louer le logement pendant six ans en résidence principale, l’information du locataire, et concerne les logements de plus de quinze ans classés E, F ou G avant travaux ; le guichet a rouvert le 23 février 2026, mais depuis le 1er septembre 2026 le chauffage au gaz conservé n’est plus éligible au parcours par gestes, et l’isolation des murs en est également exclue (service-public.gouv.fr, fiche F35083, vérifiée le 1er septembre 2026).

L’éco-prêt à taux zéro est ouvert au propriétaire bailleur sans condition de ressources, pour un logement construit depuis plus de deux ans, avec une entreprise RGE, jusqu’au 31 décembre 2027. Son plafond dépend du nombre de travaux engagés :

Plafonds de l'éco-prêt à taux zéroChangement de vitrages seul7 000 €7 000 €Une action de travaux15 000 €15 000 €Deux actions de travaux25 000 €25 000 €Trois actions de travaux30 000 €30 000 €Bouquet de travaux global50 000 €50 000 €Assainissement non collectif10 000 €10 000 €Durée de remboursement : 15 ans, portée à 20 ans pour un bouquet global. Dispositif ouvert jusqu'au 31 décembre 2027.Source : service-public.gouv.fr, fiche F19905, consulté le

Le dispositif Loc’Avantages, adossé à une convention Anah signée avant la mise en location pour six ans, ouvre une réduction d’impôt de 15, 35 ou 65 % selon le niveau de loyer accepté, jusqu’au 31 décembre 2027 (anah.gouv.fr, economie.gouv.fr). Le déficit foncier bénéficie par ailleurs d’un plafond majoré à 21 400 € — au lieu de 10 700 € habituellement — pour les dépenses de rénovation énergétique payées entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2027 ; ce montant provient d’un relevé encore secondaire, vérifiez-le sur impots.gouv.fr avant de l’intégrer à votre calcul.

Dans tous les cas, la demande d’aide se fait en principe avant la signature du devis, auprès d’une entreprise RGE : un conseiller France Rénov’ vérifie l’éligibilité avant tout engagement, sans frais pour le bailleur.

Comment arbitrer entre plusieurs travaux

Trois étapes suffisent à structurer la décision. D’abord, relire les préconisations du DPE ou, si un audit existe, ses conclusions plus détaillées : elles hiérarchisent déjà les postes les plus impactants. Ensuite, demander plusieurs devis détaillés et comparables, avec la mention RGE quand elle conditionne une aide. Enfin, simuler l’aide mobilisable et le reste à charge auprès des pages officielles des dispositifs concernés, avant de signer quoi que ce soit.

Pièces à demander avant de signer un devis1Certification RGE de l’entrepriseCondition d’éligibilité à la quasi-totalité des aidesNuméro RGE vérifiable auprès de l’annuaire France Rénov’2Décomposition poste par posteComparer réellement plusieurs devis entre euxLe devis détaillé, pas un montant global3Calendrier d’interventionAnticiper la durée et l’occupation du logementLe document signé par l’entreprise4Attestations et factures conservéesJustificatif pour les aides et pour la fiscalitéUn dossier classé dès le premier devis4Source : france-renov.gouv.fr, consulté le

Votre logement sera-t-il encore louable ?

Selon sa classe DPE, un logement peut ne plus répondre aux critères de décence au prochain bail. Vérifiez sa situation, puis soyez mis en relation avec un diagnostiqueur ou un artisan RGE.

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Cas particuliers

En copropriété, les travaux qui touchent aux parties communes — chauffage collectif, isolation des façades — supposent un accord de l’assemblée générale ; le règlement de copropriété et les décisions déjà votées doivent être consultés avant tout engagement individuel. L’assurance PNO, elle, n’est obligatoire que pour le copropriétaire non occupant ; elle ne l’est pas pour une maison individuelle.

Pour une maison individuelle, les contraintes de copropriété ne s’appliquent pas, mais la nature des travaux possibles — isolation par l’extérieur notamment — et l’accès à certaines aides peuvent différer d’un logement collectif.

Pour un meublé de tourisme, l’enregistrement auprès du téléservice national est obligatoire, y compris pour une résidence principale, avec un plafond de 120 jours de location par an que la commune peut abaisser à 90 jours. Le régime fiscal diffère aussi selon que le meublé est classé ou non : le micro-BIC s’applique à 30 % dans la limite de 15 000 € de recettes pour un meublé non classé, contre un abattement plus favorable pour un meublé classé — un point à vérifier avant toute déclaration.

Outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Mayotte), le calendrier de décence énergétique est décalé par rapport à la métropole : la date et les seuils applicables doivent être vérifiés localement avant d’engager des travaux ou de fixer un bail.

Démarches et contacts utiles

Un dossier de travaux DPE se construit dans l’ordre : consultation du DPE existant, demande de devis auprès d’entreprises RGE, vérification de l’éligibilité aux aides auprès d’un conseiller France Rénov’, puis dépôt de la demande avant le début des travaux si le dispositif choisi l’exige. Conservez systématiquement devis signés, attestations RGE, factures et courriers d’attribution d’aide : ce sont les pièces demandées en cas de contrôle fiscal ou de litige avec le locataire.

Pour un désaccord sur l’état du logement ou sur les travaux à réaliser, l’ADIL de votre département informe bailleurs et locataires sans frais, et la commission départementale de conciliation peut être saisie avant tout passage devant le juge. Pour connaître la classe énergétique exacte d’un logement, le numéro du DPE se vérifie sur l’observatoire de l’ADEME.

Ce qu’il faut vérifier avant de décider

Certains chiffres cités dans cette page ne sont pas figés et doivent être confirmés au moment où vous engagez des travaux : le seuil de recettes du micro-BIC pour les meublés de tourisme, les conditions exactes du prêt avance rénovation pour un bailleur, le montant du déficit foncier majoré sur le texte définitif de la loi de finances, et le calendrier de décence applicable outre-mer. Aucun prix de travaux, de diagnostic ou de prestation n’est indiqué ici : les tarifs sont libres et varient selon la surface, la zone et l’entreprise — seul un devis daté fait foi.

Questions fréquentes

Un audit énergétique est-il obligatoire pour louer un logement mal classé ?

Non. L’audit énergétique réglementaire concerne la vente d’une maison ou d’un immeuble en monopropriété classé E, F ou G ; il n’est jamais exigé pour mettre un logement en location.

Mon DPE date de 2019, est-il encore valable ?

Non, s’il a été réalisé entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021, il a expiré le 31 décembre 2024. Un DPE réalisé depuis le 1er juillet 2021 reste valable dix ans (service-public.gouv.fr, fiche F16096).

Puis-je augmenter le loyer d’un logement classé F ou G après des travaux partiels ?

Tant que le logement reste classé F ou G, aucune révision, majoration ou réévaluation du loyer n’est possible pour les baux conclus, renouvelés ou reconduits depuis le 24 août 2022. La révision redevient possible une fois le logement sorti de ces classes.

Que se passe-t-il si mon locataire reste dans un logement classé G après le 1er janvier 2025 ?

Le bail en cours n’est pas rompu. La règle de décence s’applique à la signature, au renouvellement ou à la reconduction tacite : c’est à ce moment que le locataire peut exiger des travaux ou une baisse de loyer si le logement reste non conforme.

Quelles aides un propriétaire bailleur peut-il mobiliser pour des travaux DPE ?

Selon la situation du logement : MaPrimeRénov’ bailleur, l’éco-prêt à taux zéro, Loc’Avantages via une convention Anah, ou un déficit foncier majoré pour les dépenses de rénovation énergétique. Chacun a ses conditions, sa durée d’engagement et sa date de fin, à vérifier avant de s’engager.

Les règles sont-elles les mêmes pour un logement en copropriété ?

La décence énergétique s’applique de la même façon, mais les travaux touchant aux parties communes nécessitent un accord de l’assemblée générale. L’assurance PNO, elle, n’est obligatoire qu’en copropriété, pas pour une maison individuelle.

Les règles de décence, de fiscalité et d’aides à la rénovation évoluent plusieurs fois par an. Cette page présente le cadre en vigueur à sa date de mise à jour ; elle ne remplace pas l’avis d’une ADIL, d’un notaire ou d’un expert-comptable pour votre situation.

Pour aller plus loin, consultez nos pages sur le calendrier du DPE en location, sur MaPrimeRénov’ pour un propriétaire bailleur, sur l’éco-PTZ propriétaire bailleur, sur le déficit foncier, sur l’audit énergétique obligatoire et sur les logements passoires thermiques. Retrouvez aussi l’ensemble des guides de la rubrique Rénover son bien.

Margaux Perrin

Rédactrice · villas, locations, rénovations

Margaux Perrin suit la location, le DPE, la rénovation et la gestion des logements loués pour alphavilla.fr, et vérifie chaque règle sur les textes officiels avant publication.

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