Révision du loyer par IRL : conditions et démarches
Révision du loyer par l’IRL : les trois conditions à réunir, la formule de calcul, le trimestre de référence et comment prévenir votre locataire.
L’essentiel
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- Margaux Perrin
Une révision de loyer par l’indice de référence des loyers (IRL) n’est possible que si trois conditions sont réunies : une clause d’indexation écrite dans le bail, le respect de la date anniversaire prévue au contrat, et l’absence d’un obstacle légal comme le gel des logements classés F ou G. Voici, au 18 septembre 2026, comment vérifier ces conditions, calculer le nouveau loyer et notifier votre locataire dans les règles.
Pourquoi l’IRL existe et quand il s’applique
L’indice de référence des loyers permet d’ajuster mécaniquement un loyer en cours de bail, sans renégociation entre les parties. Il est publié chaque trimestre par l’INSEE, seule source qui fait foi pour le chiffre à utiliser dans un calcul de révision. Au deuxième trimestre 2026, sa valeur s’établit à 148,37, en hausse de 1,15 % sur un an, selon insee.fr.
Ce mécanisme ne joue pas automatiquement : il faut que le bail le prévoie. Sans clause d’indexation, aucune règle n’ouvre au bailleur un droit à augmenter le loyer en cours de bail sur la seule base de l’IRL.
Les trois conditions cumulatives pour appliquer une révision IRL
Trois conditions doivent être réunies en même temps. Il suffit que l’une manque pour que la révision ne puisse pas produire d’effet.
La première tient à la clause elle-même : elle doit figurer noir sur blanc dans le bail, avec sa date de référence. Chaque contrat rédige cette clause à sa façon ; c’est ce texte, et non une pratique générale, qui fixe le trimestre à utiliser.
La deuxième condition porte sur le calendrier. La clause prévoit en principe une date anniversaire pour appliquer la hausse, et la loi encadre le délai d’exercice : si le bailleur ne manifeste pas sa volonté d’appliquer la révision dans l’année qui suit sa date de prise d’effet, il est réputé y avoir renoncé pour l’année écoulée, selon service-public.gouv.fr (fiche F13723). Cette règle interdit toute réclamation rétroactive au-delà de ce délai d’un an.
La troisième condition est l’absence d’obstacle légal. Une clause peut exister sur le papier tout en étant neutralisée par la loi : depuis le 24 août 2022 en métropole (1er juillet 2024 dans une partie de l’outre-mer), la loi Climat et résilience gèle les loyers des logements classés F ou G au DPE, selon ecologie.gouv.fr. La clause continue d’exister, mais elle reste sans effet tant que le logement porte cette classe.
La formule et la marche à suivre pour le bailleur
La formule à appliquer, détaillée sur service-public.gouv.fr, est la suivante : nouveau loyer = loyer en cours × IRL du trimestre de référence à la date de révision ÷ IRL du même trimestre de l’année précédente. Le trimestre de référence n’est pas choisi librement : c’est celui que fixe la clause du bail.
Avant de notifier quoi que ce soit, quelques vérifications s’imposent dans l’ordre : relire la clause pour en confirmer le trimestre de référence, contrôler la classe DPE du logement pour écarter un gel éventuel, récupérer l’IRL publié par l’INSEE pour ce trimestre précis, effectuer le calcul, puis adresser au locataire une notification formelle en conservant la preuve de son envoi.
La révision n’est jamais rétroactive : au-delà du délai d’un an évoqué plus haut, le droit de réclamer la hausse pour l’année écoulée est perdu, sans possibilité de rattrapage. Une révision appliquée sur un logement F ou G malgré le gel, ou réclamée en dehors du délai légal, expose le bailleur à devoir restituer les sommes perçues à tort.
Les cas particuliers les plus fréquents
Un bail qui ne contient aucune clause d’indexation ferme la voie à toute révision par l’IRL : le loyer ne peut être ajusté que par un accord amiable avec le locataire ou par un avenant signé des deux parties. Dans cette situation, l’ADIL de votre département informe bailleurs et locataires sur les marges de négociation possibles.
Lorsque le bailleur a laissé passer une année sans appliquer la révision due, le droit pour cette année précise est perdu ; il ne se reporte pas sur l’année suivante et ne peut pas être compensé après coup.
Pour un logement classé F ou G, le gel neutralise la clause tant que cette classe reste d’actualité. Vérifier la classe exacte du logement passe par l’observatoire de l’ADEME, à partir du numéro du DPE ; le calendrier des seuils de décence et le détail des logements concernés par le gel figurent sur les pages consacrées au DPE F et G.
Un bail qui se renouvelle, une relocation, ou un logement situé dans une commune où s’applique l’encadrement des loyers peuvent faire intervenir d’autres règles, notamment sur le complément de loyer : ces situations se traitent au cas par cas et débordent du seul mécanisme de l’IRL.
Le type de bail change aussi la donne : location nue, meublée ou bail mobilité n’obéissent pas exactement aux mêmes rythmes de révision ; le contrat signé reste la référence à consulter en premier.
Votre logement loué est-il en règle ?
Selon sa classe DPE, il peut ne plus répondre aux critères de décence au prochain bail. Vérifiez en quelques secondes.
Contestation et recours
Un locataire qui conteste une révision peut d’abord passer par une médiation, notamment auprès de l’ADIL de son département, avant d’envisager une saisine du juge des contentieux de la protection. S’il apparaît que des sommes ont été perçues à tort, par exemple parce que le logement était gelé ou que le délai d’un an était dépassé, elles peuvent devoir être restituées au locataire.
Une révision mal appliquée relève avant tout du contentieux civil entre les parties, et non d’une sanction administrative automatique : les conséquences dépendent des faits et, le cas échéant, de la procédure engagée devant le juge.
Ce qui peut changer, et quand revérifier
L’IRL est publié quatre fois par an par l’INSEE, à la mi-janvier, la mi-avril, la mi-juillet et la mi-octobre : la valeur retenue dans un calcul doit toujours être celle du trimestre exact fixé par la clause du bail, pas la dernière publiée. Le statut de l’encadrement des loyers doit être revérifié après le 24 novembre 2026, date à laquelle l’expérimentation actuelle s’éteint sauf loi de prolongation votée d’ici là. Toute évolution du calendrier DPE ou des règles de gel mérite la même vigilance avant d’écrire ou d’envoyer une notification. Cette page reflète l’état du droit au 18 septembre 2026.
Les règles de location et de fiscalité évoluent plusieurs fois par an. Cette page présente le cadre général en vigueur à sa date de mise à jour ; elle ne remplace pas l’avis d’une ADIL, d’un notaire ou d’un expert-comptable pour votre situation.
Questions fréquentes
Peut-on réviser un loyer sans clause d’indexation dans le bail ?
Non : sans cette clause, la loi n’ouvre aucun droit automatique à réviser le loyer par l’IRL. Seuls un accord amiable avec le locataire ou un avenant signé des deux parties permettent d’ajuster le montant.
Que se passe-t-il si le bailleur oublie d’appliquer la révision une année ?
S’il ne manifeste pas sa volonté d’appliquer la révision dans l’année suivant la date de prise d’effet, il est réputé y avoir renoncé pour cette année-là. Le droit ne se reporte pas sur l’année suivante.
Un logement classé F ou G peut-il voir son loyer révisé ?
Non, tant qu’il reste classé F ou G : le gel institué par la loi Climat et résilience neutralise la clause de révision pour les baux conclus, renouvelés ou reconduits depuis le 24 août 2022 en métropole (1er juillet 2024 dans une partie de l’outre-mer).
Quel IRL utiliser pour calculer la révision ?
Celui du trimestre de référence fixé par la clause du bail, publié par l’INSEE, divisé par la valeur du même trimestre l’année précédente. Ce n’est pas nécessairement le dernier IRL publié.
Comment notifier une révision de loyer au locataire ?
Par une notification formelle qui indique la date d’effet, en conservant une preuve de son envoi. C’est cette preuve qui protège le bailleur en cas de contestation ultérieure.

Rédactrice · villas, locations, rénovations
Margaux Perrin suit la location, le DPE, la rénovation et la gestion des logements loués pour alphavilla.fr, et vérifie chaque règle sur les textes officiels avant publication.



